lundi 26 novembre 2018

La vie, c'est comme lécher un mur



La vie, c’est comme lécher un mur


Je ne me souviens plus comment j’ai atterri là.
C’était il y a quelques semaines.
C’était il y a quelques mois.
C’était il y a quelques années.

C’est quand tu as dit
J’en ai assez que tu m’emmures
J’avais répondu je t’emmure pas
Tu as répété si tu m’emmures
J’ai dit je comprends pas ce que tu dis je t’emmure pas du tout
Tu as dit c’est une façon de parler
Tu m’emmures avec ton silence
Tu m’emmures avec ton goût à rien
Tu m’emmures avec tes problèmes de relations
Tu m’emmures avec ta musique sans paroles
Tu m’emmures avec cet air que tu prends quand les gens parlent

C’est comme si tu avais un sourire inversé
Quand les gens rient toi tu fais la gueule
D’ailleurs tu veux jamais les voir les gens
C’est pour ça que je dis tu m’emmures
Parce qu’on dirait que pour toi
La vie, c’est comme lécher un mur

Je me souviens vaguement m’être rassemblé
Avoir je veux dire rassemblé tout mes forces bien contre ma langue
Et je t’ai dit que oui
Bien-sûr
La vie, c’est comme lécher un mur
Mais qu’avec toi quand je lèche le mur, il est un peu moins sec
Et alors t’es devenue t’es devenue d’un blanc que je connais bien
Le blanc d’un mur récemment crépi

Et tu as dit mais je suis pas ton lubrifiant

Alors depuis ces temps
Je lèche le mur sans lubrifiant
Directement avec la langue

J’ai essayé des lubrifiants de toutes sortes
J’ai essayé le lubrifiant à base de drogues
Je voyais toujours pas le bout de mon mur
J’ai essayé le lubrifiant à base de médicaments
J'ai essayé le lubrifiant à base d'alcool
J’avançais pas plus du léchage
J’ai essayé le lubrifiant avec les personnes d’un sexe
J’ai essayé le lubrifiant avec les personnes de l’autre sexe
Il me semblait que plus je le léchais plus mon mur il s’allongeait
J’avais la langue en sang
Alors je me suis dit
Tout bêtement
Arrête de lécher pour voir

Du coup, mon mur il a en profité pour se refaire une santé
Et je me suis trouvé avec le double à lécher
Le double de mon mur
C'est-à-dire quand je dis le double
C’est le miroir de mon mur
Un mur de chaque côté

Avec rien que ma langue
Ma seule et unique langue
Pour deux murs qui se font face

Pendant que je lèche j’ai évidemment les yeux libres
J’ai bien vu qu’ils commençaient à se rejoindre par les bouts
Mes deux murs

Avec moi et ma langue au milieu

Alors il faut que je lèche plus vite

Ou alors il faut que je les abatte ces murs
Mais ma langue n’est pas dure
Elle n’est pas souple et belle non plus
C’est rien qu’une langue qui lèche depuis mon origine

A moins que je ne me l’arrache
Et la vie, ce ne sera plus comme lécher un mur

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